Pratique artistique
Fell est retourné aux mêmes lieux de manière répétée. Les intérieurs, les rues et les paysages sont façonnés par des seuils et des dispositifs de cadrage — portes, fenêtres, cages d’escalier, reflets et lignes d’horizon — qui stabilisent l’espace tout en maintenant la scène dans l’expérience vécue. Ces moyens structurels reviennent des premières estampes londoniennes aux intérieurs et paysages gascons ultérieurs.
« Pour moi, l’art consiste à réussir à communiquer son émerveillement. »
Comment l’œuvre a été réalisée
Observation
L’observation était le point de départ. Fell dessinait d’après nature. En atelier, les dessins étaient retravaillés et combinés jusqu’à ce que la composition trouve son équilibre. Une seule image peut contenir plus d’un moment observé.
Structure et construction
Le dessin était central. Fell établissait généralement une armature spatiale d’ensemble dès le début — fenêtres, escaliers, portes, balustrades et lignes d’horizon — avant de résoudre l’incident et le détail. Les figures et les décors sont façonnés au sein de ce cadre.
Logique de la gravure
L’eau-forte et l’aquatinte encourageaient une réflexion en termes de limites : format de la plaque, étapes tonales, poids descriptif d’un trait. Ces contraintes demeurent visibles dans les peintures, où l’espace est souvent planifié, construit et comprimé par des dégradés tonaux, des blocs et des contours précis.
Tonalité et retenue
La couleur et la lumière sont utilisées de manière sélective. Fell privilégiait des gammes tonales limitées et des contrastes doux, permettant au sens d’émerger par le placement, la répétition et l’intervalle plutôt que par un récit manifeste ou un effet expressif.
« On traite de choses terrestres touchées par le ciel… »
— Michael Fell
Ensemble, ces éléments décrivent une pratique ancrée dans le dessin, façonnée par la gravure et soutenue par une attention prolongée aux lieux familiers.
Notes sur le langage et l’explication
Fell était réticent à expliquer son œuvre. Ses amis se souviennent d’un sérieux tranquille équilibré par un humour pince-sans-rire. Écrivant en 1996, il décrivait avoir été invité à commenter une peinture et s’être retrouvé « totalement muet », avant d’être gentiment secouru par son ami, l’artiste Peter Coker, qui observa : « Je suis certain que Michael et le tableau en ont discuté ensemble… »
Cette hésitation n’était pas de l’esquive mais une conviction. Fell croyait que trop d’explications pouvaient perturber l’équilibre artistique atteint dans les images qu’il avait créées — une conviction cohérente avec la discipline évidente dans l’œuvre elle-même.
Position au sein de l’art britannique d’après-guerre
Fell s’inscrivait dans une tradition figurative britannique d’après-guerre façonnée par un dessin soutenu d’après nature et une attention étroite aux espaces partagés.
Au cours de plus de six décennies, ses habitudes, forgées au sein de cette tradition, sont demeurées constantes malgré les changements de sujet et de lieu. Les intérieurs, les scènes urbaines et les paysages sont construits par des moyens apparentés, conférant à l’œuvre une cohérence reconnaissable.
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Crédits images
Photographie © Estate of Michael Fell
Michael Fell, Barrère, Gers, 2017
Photographie © Marek Mierzejewski
